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Si j’étais jeune ce jour-là, ça n’a aucune importance. J’entre dans un musée, j’entre sans ma peur, avec mon incrédulité et mon scepticisme, dans un musée crétois, tapissé de moquette noire, silencieux et solennel, qui célèbre les invasions turques. Qu’il y a-t-il dans les vitrines ? Non pas de morts bien sûr, ni de regrets ou de reproches, mais encore de la guerre, et des armes, et des représentations lyriques de la guerre. Qu’est-on censé faire avec tout cela, savoir que guerre il y a eu, et qu’on la retient entre ces deux dates-là. Pourtant toujours dans le musée, imaginé-je le visage du tué, le visage du tuant, peut-être fascinée par l’arme et celui qui l’a créée. Je glisse devant les vitrines, tout cela n’est pas même de la mémoire pour moi, c’est plutôt un savoir pervers en devenir. |
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Si j’étais jeune ce jour-là, ça n’a aucune importance. J’entre dans un musée, j’entre sans ma peur, avec mon incrédulité et mon scepticisme, dans un musée crétois, tapissé de moquette noire, silencieux et solennel, qui célèbre les invasions turques. Qu’il y a-t-il dans les vitrines ? Non pas de morts bien sûr, ni de regrets ou de reproches, mais encore de la guerre, et des armes, et des représentations lyriques de la guerre. Qu’est-on censé faire avec tout cela, savoir que guerre il y a eu, et qu’on laretient entre ces deux dates-là. Pourtant toujours dans le musée, imaginé-je le visage du tué, le visage du tuant, peut-être fascinée par l’arme et celui qui l’a créée. Je glisse devant les vitrines, tout cela n’est pas même de la mémoire pour moi, c’est plutôt un savoir pervers en devenir. |
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Le fond est bleu. Il suit un mur du doigt. Le mur est en crépis blanc, et son doigt s’use sur le mur, et laisse ses traces. Il continue droit devant, et la ligne rouge le suit, inlassablement. Il dessine une limite entre le bas et le haut de ce qu’il ne supporte pas. Même si il arrive au bout du mur, on saura qu’il a commencé ici. |
