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Le questionnement dans mon cas pourrait être le suivant: d'avoir choisi si longtemps la ville pour thème serait une déviance et non une volonté d'affirmer une quelconque vérité sur le vécu de "l'homme dans la cité". En effet, c'est possible. J'ai peint ou gravé peu de portraits alors qu'au fond j'aurais aimé multiplier les effigies, les rencontres et que l'aspect lacunaire de l'art de notre époque dans ce domaine du portrait, rejeté furieusement pour des raisons décelables parmi lesquelles je pourrais citer le soupçon jeté sur l'homme en tant qu'individu, la substitution vigoureuse par le cinéma, dont les gros plans sur le visage humain constitue une découverte importante, enfin la part quasi marginale accordée au portrait par des artistes majeurs et la primauté accordée à l'idéologie des moyens nouveaux ou du discours philosophique. Et bien, oui, j'aurais voulu, je pense, accorder plus d'importance au visage humain. Il me restait sa silhouette, son ombre, son passage et ceux-ci, je ne voulais pas les laisser s'échapper. [J. Muller]
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Rien n'est jamais résolu. Si Jacques Muller a pu prendre la dimension de certains thèmes, la Ville par exemple, le portrait a été chez lui une interrogation perpétuelle. N'étant pas une thématique à proprement parler, nous plongeant plutôt tel un miroir dans un face-à-face difficile et douloureux. Il a été pour Jacques Muller le morceau de peinture jamais résolu toujours hors d'atteinte, nous livrant en même temps que son inaccessibilité l'état de pouvoir ou de vouloir peindre à nouveau.[M. Hujoel]
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Dans la rue, je m'interroge beaucoup. Tout provoque, tout renvoie, tout est provocation: les visages plus pâles, peints ou plus contrastés; la parole dont le sens vous échappe. Une ville sous ce rapport en vaut une autre, sinon que certaines accueillent une somme plus grande de contradictions – trouble, trouble, trouble. [J. Muller]
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On dirait que la fascination exercée par New York force Muller à imprimer une sorte de déformation, car ce qui nous est présenté ce sont des corps réduits à la dimension de silhouettes, dans un jeu de tensions, destinées à une scénographie abstraite, construite sur l'éfiguration de la figure. L'épaisseur des silhouettes est rendue par des aplats dessinés, ce qui revient à une sorte de décharnement de la figure, ou mieux, de sa représentation. Ou serait-ce la désinvolture numérique des rouages qui nous est offerte, la beauté de l'anonymat?
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Pourtant, dans ce cadrage, l'emphase décroît; peut-être celui-ci restreint-il la vigueur du mythe (américain); ou est-ce l'obsolescence même du mythe que j'entrevois? [R. Godinho]
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